Rentrée en beauté !

Dernière mise à jour : 1 juin 2019

Le 19 novembre 2018, se tenait notre première conférence publique, sur la définition du juste par les penseurs grecs.


Au programme, Homère, la République de Platon, et l'Ethique à Nicomaque. Le changement de paradigme entre la pensée grecque et la modernité est mis en valeur. Il en résulte que les visions grecques et modernes de la nature, de la Cité et du Droit sont antagonistes.


Ainsi, pour les antiques, la nature est cosmique (donc ordonnée), dynamique, car en mouvement, et eudémonique, car tendue vers une fin. Selon les modernes, la nature est atomiste (sans ordre), stable (sans mouvement) et neutre (sans finalité). L'homme est alors la mesure de toute chose, et la nature n'offre pas de modèle sur lequel se guider.


De même, la Cité est considérée différemment : chez les grecs, l'homme est un animal politique, qui participe au bien commun. La cité est tendue vers le bien et le juste : elle est donc aristocratique, et en apparence inégalitaire car ceux qui contribuent le plus au bien commun occupent un rang supérieur. Au contraire, la Cité est fondée sur la volonté générale pour les modernes, sans tension vers un idéal. Elle est un agrégat d'individus, porteurs de droits. Toute inégalité apparente devient de ce fait incompréhensible, et odieuse.


De là découlent deux visions opposées du juste. Pour les grecs, la justice est un milieu objectif qui permet d'organiser les distributions et les échanges suivant une certaine égalité : une égalité de proportion dans les distributions (c'est la justice distributive) ; une égalité simple dans les échanges (c'est la justice commutative). Pour les modernes, le juste n'existe pas - du moins on n'en parle pas. Les hommes sont détenteurs de libertés égales, dont chacun ne tirera pas le même profit dans la grande loterie de la vie.


Le résumé de la conférence est disponible ici.


A l'issue, premier dîner amical entre juristes.




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